Venezuela socialista

12 juillet 2005

Toulouse, Aéroport de Blagnac.

Je suis à l’aéroport de Blagnac, en train de prendre un thé. Je viens d’enregistrer. Cette fois, c’est fait : je pars VRAIMENT ! Dans quelques heures je serai au Venezuela. Je retrouverai là-bas Pierre, arrivé depuis cinq jours, et Anna qui part en même temps que moi de Marseille. Je sens une certaine euphorie montée en moi en même temps qu’une vague appréhension. Que vais-je trouver là-bas, face à une population que je ne connais pas, face à un pays inconnu, mais aussi certainement face à moi-même…

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13 juillet 2005

Caracas, Las Casitas.

Pierre est venu nous chercher hier soir à l’aéroport. Nous sommes à La Vega, dans un des barrios les plus pauvres et les plus dangereux de Caracas. L’adresse exacte : Las Casitas, Sector B, Quinta terraza. Pierre nous a fait une visite rapide du quartier. De l’Infocentro, où une dizaine de PC flambants neufs ont été mis à la disposition de la population par le gouvernement afin de pouvoir surfer sur Internet et s’initier à la bureautique. Nous avons rencontré Marcelo,  membre du groupe « Calle y Media » et auteur du film la « Cuarta guerra mundial ». Il planche actuellement sur un nouveau documentaire qui devrait sortir bientôt.

Nous avons aussi rencontré Francisco, le fils d’El Gordo, chez qui nous logeons. Francisco a 28 ans et travaille dans une association. Il a entreprit de nous faire visionner hier soir plus de 400 photos prises durant la fête de la San Juan ! Autant dire que très vite, avec le décalage horaire, la fatigue du voyage, img_7708j’ai vite sombré dans un sommeil profond et réparateur. Nous dormons au premier étage, dans une salle sans porte ni fenêtre, seulement protégée par un toit. A 8 heures du matin, tout le monde doit être debout pour laisser la place au cours de soutien scolaire dans le cadre de la « misión Ribas ». Là, une quinzaine de personnes, de tous âges, dont beaucoup de filles et de mères de famille apprennent à lire et à écrire. Au programme ce matin : matemática y lengua. J’ai pris des photos. Pendant que les cours ont lieu, nous préparons le petit déjeuner. Au menu : café très (trop) sucré, avec des arepas (pains de maïs) farcis aux tomates, œufs, oignons et poivrons. Seul problème, le manque d’eau potable.

Nous avons aussi rencontré Edgard, dit El Gordo, le leader de la communauté. Visiblement le fait dedsc007222 loger cher lui est une espèce d’assurance-vie, ou du moins une garantie pour notre sécurité dans le quartier. Quelques jours avant notre arrivée, un groupe d’allemands perdus dans La Vega ont failli se faire dépouiller. Mais lorsqu’ils ont annoncé qu’ils habitaient « en la casa del Gordo », non seulement les voleurs ne leurs ont rien fait, mais en plus ils les ont raccompagné jusqu’à Las Casitas. C’est dire l’importance du personnage !!!

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Caracas, El Valle.

Nous sommes au cœur d’un autre quartier populaire de Caracas, tout aussi pauvre que celui dans lequel nous logeons. On sent nettement la tension dans les rues. Sur notre passage, beaucoup nous interpellent par le nom de « gringo », désignant l’américain, qui n’est évidemment pas le bienvenue ici. r001_008Marcelina, qui travaille à la fondation pour l’art et la culture nous a servi de guide toute la journée. Avec elle, nous avons visité un ancien cinéma dans le quartier de San Augustin. Aujourd’hui le lieu sert de centre associatif et culturel, de centre d’éducation mais aussi de santé dans le cadre de la mission « Barrio adentro ». A l’heure où j’écris ces lignes, nous sommes dans une école. Nous nous apprêtons à suivre un exposé sur le pétrole fait par le docteur Sarah Moya Machado, diplômée de Cambridge et de la Sorbonne.

Je viens de gagner la sympathie de la salle car j’ai réussi à brancher l’ordinateur sur le barco : l’exposér001_004 peut débuter. Le public est composé d’une quarantaine de personnes, de tous âges. Sarah (une très jolie jeune femme) commence son exposé en affirmant que le pétrole appartient au peuple. Elle définit ensuite le régime pétrolier, ses acteurs (propriétaires, producteurs, consommateurs, Etat). Elle fait ensuite un rappel historique des concessions jusqu’à la création de l’OPEP en 1960, et la création de PDVSA en 1975.

Après la conférence nous bavardons avec elle qui semble enchantée de pouvoir parler en français (de manière impeccable d’ailleurs). Nous échangeons nos coordonnées en promettant de nous revoir.

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14 juillet 2005

Caracas, Las Casitas.

La journée a été calme. Nous sommes restés à la maison aa016d’El Gordo. Il pleut. Ce matin, nous avons aidé à faire la cuisine pour les pauvres de la communauté. La casa del Gordo est un peu la maison communautaire. Chaque jour cinq à six femmes viennent préparer 150 repas. Vers 13 heures, la queue s’installe et tranquillement chacun attend son tour pour être servi.

Nous avons pris contact avec Ian Bruce, un camarade anglais qui est aussi l’envoyé spécial de la BBC au Venezuela depuis dix mois. Nous avons aussi contacté Edouardo Rothe, camarade argentin, conseiller du ministre de la communication et de l’information. Nous les verrons tous les deux demain.

Puis demain soir, nous partons pour Puerto Ayacucho, dans l’Etat d’Amazonas, pour rencontrer des indigènes. Nous partons à cinq : Pierre, Anna, Francisco, Laya (une camarade journaliste, indépendantiste catalane) et moi.

En attendant, ce soir c’est fiesta. Avec Francisco, Pierre, Anna, Sejin (un coréen), Edwin (un mexicain), Katarina (une américaine), Irene (une allemande), et Abel et Maria Ona (un couple de catalans), nous allons danser à la Oficina, un bar chaviste qui se situe Plaza Venezuela. Au menu de la soirée : Salsa y cerveza !

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15 juillet 2005

Caracas, Las Casitas.

Journée intense. Nous avons rencontré dans la matinée, avec Pierre et Anna, Ian Bruce. La conversation, autour d’un cafe con leche, a été très cordiale. Ian est très sympa, mais visiblement en manque d’information sur ce que ce passe dans les communautés. Nous devons le revoir à notre retour d’Amazonie.

Nous avons ensuite retrouvé Edouardo Rothe, au ministère de la communication, pour une discussion r001_010plus politique. Edouardo semble très inquiet des pressions que peuvent exercer les Etats-Unis pour tenter de renverser Chavez. Avec lui aussi, nous avons convenu de nous revoir. Une anecdote : lors de notre départ du bureau d’Edouardo, celui-ci nous signifie qu’il doit sortir lui aussi, et au moment de se lever pour nous accompagner, ouvre un tiroir et en sort un gros calibre qu’il glisse à sa ceinture. Devant nos yeux éberlués, il rajoute avec un petit sourire : « c’est ça aussi l’Amérique Latine !»…

Enfin, une dernière anecdote pour clore la journée : Nous avons tenté le change se monnaie sauvage à un taux défiant toute concurrence, 1 euro pour 3500 bolivares. Avec quel éclat !!! Nous nous sommes fait avoir de 200 euros puisque après avoir promis le change, notre arnaqueur à échanger à notre insu nos vrais billets contre des faux, pour ensuite nous annoncer qu’il ne pouvait procéder au change parce que nos billets étaient faux ! Nous voici reparti avec nos faux billets : belle leçon !

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18 juillet 2005

Ciudad Bolivar, Terminal de bus.

r001_002Nous sommes dans le bus qui s’apprête à partir pour Puerto La Cruz, sur la côte caribéenne. Ces trois derniers jours ont été tellement intenses que je n’ai pas eu un instant pour écrire. Après dix-sept heures de bus et la traversée fabuleuse de l’Orénoque, nous sommes parvenus à Puerto Ayacucho. Nous avons été accueilli là-bas par Mercedes Maldonado, de l’ethnie des Yecuana, membre par ailleurs de la direction de l’ORPIA (Organisation régionale des peuples indigènes d’Amazonie), et chargée plus particulierement de la question femme. Après un repas composé de fourmis, de ragondin et de tapir (je sais bien qu’il faut tout essayer, mais ça ne vaut pas un bœuf bourguignon…), nous avons passé la nuit du 16 au 17 juillet à la belle étoile dans un endroit appelé «el tobogán », sorte de torrent au toboggan naturel.

Le lendemain matin, nous avons pu interviewer plusieurs personnes à Coromoto, village près de Puerto Ayacucho et fondé il y a 34 ans par un curé. Nous sommes au cœur de l’Etat d’Amazonas, tout près de la frontière colombienne (ce qui explique les nombreux barrages de l’armée que nous avons du traverser lors de notre périple en bus). Le médecin cubain du village est parti sans qu’il soit remplacé. Nous avons discuté avec Josefina, une mère de famille nombreuse, Xavier du peuple Yecuana, professeur de mathématiques, et surtout avec Lucas qui est Yanomami. Les revendications principales des indigènesr001_018 portent essentiellement sur le respect de leur langue et leur culture, mais aussi sur le respect de leur cadre de vie. Malgré sa casquette « Chavez y Fidel, Unidos para vencer », Lucas semble très méfiant vis-à-vis du gouvernement et de sa capacité à faire respecter les droits indigènes. L’après-midi, nous avons rencontré d’autres personnes, dont José Nuñez, âgé de 24 ans, étudiant en droit pour « mieux connaître la loi afin de mieux défendre les Yanomami ».

De retour à Puerto Ayacucho, nous avons pris le bus de nuit pour Ciudad Bolivar où nous sommes arrivés ce matin à 7 heures.  Le temps de se rafraîchir un peu, de déjeuner avec une empanada (galette de maïs fourrée à la viande) et un batido (jus de fruit) de goyave, et nous voilà repartis…

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Puerto La Cruz, Hôtel Monte-Cristo.

Puerto La Cruz est une station balnéaire magnifique. Nous voilà enfin arrivés à l’hôtel où nous nous reposons après une douche réparatrice (la première depuis le début du voyage ! D’habitude nous nous lavons simplement avec une petite bassine grâce à l’eau de pluie récoltée dans de grands containers). Nous allons vraisemblablement rester ici deux ou trois jours. D’abord parce que nous avons rendez-vous demain avec des ouvriers du pétrole, syndicalistes de la UNT (Unión nacional de los trabajadores), ensuite parce qu’il y a autour de Puerto La Cruz des îles à visiter.

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21 juillet 2005

Puerto La Cruz, Paseo Colon.

Hector Rincón, ouvrier de PDVSA, doit nous amener visiter la raffinerie de Puerto La Cruz. Nous l’attendons depuis près d’une heure sur le Paseo Colon. Après deux jours infructueux,r001_0023 nous avons enfin réussi hier à visiter la plateforme de transit d’où partent les pétroliers une fois chargés. Nous avons rencontré là-bas Fidel Rivera, le responsable de la salle de contrôle de chargement de pétrole, qui nous a parlé de la grève patronale de décembre 2002 renverser Chavez. Il nous raconté comment au moment de la grève les gens des communautés ont défendu la raffinerie et contrôler les entrées et sorties des camions-citerne.

Toutefois, si le soir de notre arrivée nous étions plutôt enthousiaste car nous venions de rencontrer José Bodas, ouvrier du pétrole et membre de la UNT et de la OIR (Opción de la izquierda revolucionaria), ainsi que des camarades à lui, nous avons dû déchanter par la suite. Il nous a fallu attendre deux jours avant de réussir à approcher des structures pétrolières. Nous sommes censés repartir ce soir à Caracas. Reste à espérer que d’ici là, Hector soit bien passé nous prendre…

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22 juillet 2005

Caracas, Las Casitas.

Nous avons vu hier Hector en compagnie de deux autres membres de PDVSA : William et Numa. La discussion fût longue. J’ai l’impression qu’on nous a servi un discours un peu artificiel. Surtout de la part de William. De plus nous n’avons pas pu visiter la raffinerie. Par contre on nous a amené visiter le camp de vacances de PDVSA. La journée fût moins fructueuse que celle la veille. En revenant ici, nous avons retrouvé Patricio, un camarade de Toulouse arrivé le 18 juillet.

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23 juillet 2005

Caracas, Las Casitas.

Anna et moi avons vu hier un rassemblement de journalistes ac0761alternatifs. Ils manifestaient devant le ministère fiscal, Parque Carabobo, pour s’indigner qu’un de leurs collègues ait été molesté la veille par un journaliste d’un chaîne de télévision privée. Malgré la relative faiblesse numérique (environ 200), le rassemblement a été étonnement dynamique et bruyant.

Le soir, nous avons vu au barrio un dessin animé intitulé « Vampiros a La Habana», métaphore sur le capitalisme. La projection a été suivie d’un débat. Quant je suis rentré à la casa del Gordo, tout le monde dormait ou presque. Francisco, sa sœur Ayari, Patricio, Nataly et moi-même, avons eu une discussion très animée sur la nécessité ou non de construire un grand parti révolutionnaire. Le débat a r001_024_copieété rude mais en même temps entrecoupé de beaucoup d’éclats de rire. Nous nous sommes couchés à 2 heures 30 du matin. Je ne connaissais pas Nataly. J’avoue que la jeune fille est troublante. Sans doute est-ce le fait que si elle parle avec beaucoup de douceur et de délicatesse on sent en elle une présence et une conviction politique qu’elle exprime de manière très forte. En plus elle est très belle…

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30 juillet 2005

Caracas, Las Casitas.

Voilà une semaine que je n’ai pas écrit. Nous avons passé quelques jours à nous reposer, et à faire la fête aussi. Nous sommes revenus voir les Tupamaro du barrio de San Augustin. Décidément, ils ont un discours politique trop formaté à mon goût. J’ai aussi du mal à mesurer quelle est leur réelle influence sur la politique du pays. Si nous avons ralenti le nombre d’interviews, nous en avons profité pour nous investir un peu plus dans la vie de la communauté. Nous participons aux tâches de la vie quotidienne. Pierre, Anna, Patricio et moi avons fait la cuisine pour une trentaine de personne. Nous avons voulu que cela soit de la cuisine française. Au menu : poulet basquaise ! Nous essayons aussi de donner des cours de français. Il y a notamment une jeune fille, Sudaly, qui est très attentive et ad1201très appliquée. On sent qu’elle a beaucoup envie d’apprendre. C’est étonnant de voir comment les gens ici sont curieux, ouverts et extrêmement attentionné envers nous. Je pense notamment à Neudy, Yaraneth ou encore Maikol, Gilberto et Bebe. J’ai aussi joué de la musique avec les amis de la communauté et El Gordo. Abel était à l’accordéon, Katarina au trombone à coulisse et moi à la trompette. Cela faisait au moins quinze ans que je n’avais pas touché une trompette… le résultat n’était sans doute pas très enthousiasmant musicalement parlant, mais d’un point de vue humain, c’était fantastique.

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03 août 2005

Caracas, Las Casitas.

Nous sommes toujours au barrio. Un certains nombres de camarades ac0801sont repartis chez eux. C’est le cas notamment d’Edwin le mexicain, de Cejin le coréen, et puis Pierre qui est rentré avant nous à Toulouse. L’ambiance est du coup un peu morose. Comme si cela nous rapprochait de notre propre départ.

ad1001Nous avons rencontré des membres du PCV (Partido communista venezolano), du barrio 23 de Enero. Ils semblent faire du bon boulot. Nous commençons à être connus dans le barrio. Du coup on nous sollicite de plus en plus. Par exemple, Neudy souhaite qu’on fasse un tour du barrio avec elle pour prendre des photos pour le journal communautaire qui s’appelle El Mio.

Nous devons assister aussi à un entraînement de « las reservistas », des troupes volontaires armées qui s’apprêtent à défendre le processus révolutionnaire en cas de nouveau coup d’Etat.

Et puis il y a surtout la rencontre prévue demain avec Hugo Chavez. Nous accompagnons les délégués des comités de la terre. Nous ne connaissons pas exactement le cadre, ni la durée de la rencontre. On verra bien.

Quelques mots aussi sur nos conditions de vie à Las Casitas. Tout le monde ici est adorable. Nous sommes plus d’une vingtaine d’étranger, Français, Catalans, Irene l’Allemande, Lisa la Russe… Les échanges sont riches. Mais la vie est parfois peu précaire, et il n’y a pas d’eau tous les jours.

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07 août 2005

Caracas, Las Casitas.

C’est aujourd’hui jour d’élections. Ce sont « las elecciones parroquiales». On s’attend à ce que l’abstention sois très forte.

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10 août 2005

Chuao.

Nous sommes dans un petit village nommé Chuao où l’on arrive uniquement par barque en partant dechuao Choroni. Nous sommes là depuis hier, ce sont nos premiers jours de détente et de plage. L’endroit en paradisiaque, digne des images des cartes postales : palmiers, plage de sable blanc et mer bleue turquoise. Nous sommes sept, quatre français : Serge, Baptiste, Anna et Moi, et trois catalans : Gloria, Abel et Maria Ona.

Il y a quatre jours nous avons rencontré Luis Bonilla au Palais de Miraflores. Luis travaille au sein du service des relations présidentielles. Il est chargé des questions stratégiques. Son bureau se trouve en face des appartements privés de Chavez. L’entretien fut fraternel mais on sentait que Luis était un peu tenu par le langage diplomatique. Nous avons ensuite déjeuné au palais. Nous devons normalement revoir Luis autour d’une bière. J’espère que cette nouvelle entrevue nous permettre d’aborder plus en détails les questions de fond.

Avant-hier, a eut lieu l’inauguration du Festival international de la jeunesse. Nous avons réussi à nous faufiler pour défiler avec la délégation cubaine. Nous sommes passés à la télévision vénézuelienne, et sommes parvenus à vingt mètre de Chavez. J’ai bien évidemment pris des photos.

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Nous avons eu des nouvelles de Pierre rentré à Toulouse.

Nous repartons demain dans la nuit pour Caracas.

Samedi et dimanche, nous organisons dans le barrio une rencontre «intergalactique» entre les habitants du barrio de La Vega et les camarades internationaux. Au programme : politique, pælla, jeux pour les enfants et partie de foot…

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16 août 2005

Caracas, Las Casitas

La rencontre intergalactique a commencé aujourd’hui. Nous sommes en train en faire une pause avant kif_1126de reprendre. Les discussions ont été divisées an trois points : échange sur la situation internationale, analyse du processus bolivarien, construction d’un réseau international. J’ai fait un compte-rendu du sur la LCR et sur la situation en France et en Europe après le NON au référendum. Nous travaillons en atelier. Nous sommes plus de quatre-vingt venus du monde entier : Colombie, Canada, France, Grande-Bretagne, Etats-Unis, Catalogne, Chili… La télévision vénézuelienne est là.

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17 août 2005

Caracas, Las Casitas.

Anna et moi avons suivi une manifestation de mineurs de Parque Carabobo à La Hoyada, en compagnie de Irene, Jesus (du Collectif Calle y Media) et de Ricardo (un camarade chilien). Ils étaient dscn0077plus d’un millier. Il y a au Venezuela plus de 300 000 mineurs dans les mines d’or et de diamant. J’ai réussi à m’infiltrer dans le groupe qui est entré dans le ministère des ressources naturelles et de l’environnement en me faisant passer, auprès des militaires, pour un journaliste. L’entrevue a duré plus de deux heures en compagnie de deux ministres et d’un vice-ministre. Visiblement sans intérêt. La bureaucratie est forte, et les membres du gouvernement nous ont servi un discours formaté. Les copains mineurs sont désespérés. Leur situation est l’une des plus dures du pays. Il y a chez eux beaucoup de mutilés, des gens ayant des problèmes de vue et des cataractes. Ils semblent déterminés à continuer leur lutte, surtout les femmes, et veulent rencontrer Chavez, en qui ils ont confiance.

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18 août 2005

Valencia, Terminal de bus.

Je suis à Valencia. Je viens de rencontrer le camarade Staline Perez Borges, dscn01872responsable de la OIR et de la UNT. J’ai fait une interview pour Rouge. L’entrevue était très cordiale. Il m’a expliqué son espoir de voir se créer un grand parti révolutionnaire avec le courant trotskiste à l’intérieur, d’ici à l’année prochaine. Le nom de ce nouveau parti : Partido Revolución y Socialismo.

A cet instant, j’attends mon bus pour Caracas. Je serais de retour à Las Casitas vers les onze heures du soir.

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Caracas, Las Casitas.

Me voilà de retour à Las Casitas. Je suis exténué mais heureux de la rencontre avec Staline. Mais quand je parle aux amis de la communauté de créer un véritable parti révolutionnaire, avant-garde populaire, ceux-ci me répondent : « nous voulons une organisation, un mouvement révolutionnaire de forme horizontale et non verticale ». La fracture sur ce point fondamental de vision léniniste de l’avant-garde semble très profonde. Fondamentalement les gens de la communauté de Las Casitas pratiquent une forme d’anarchisme révolutionnaire plus ou moins de façon claire et revendiquée.

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20 août 2005

Caracas, Las Casitas.

La journée d’hier a été intéressante. La ministre des sciences et technologies est venue dans le barrio de La Vega, à Las Casitas, pour inaugurer l’infocentro. J’ai obtenu une interview d’elle de trente minutes après l’inauguration. Nous avons eu une discussion qui a balayé à la fois les problèmes liés à la recherche et l’innovation, les transferts de technologie, aux OGM, mais aussi les problèmes politiques liés à la bureaucratie.

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Hier soir avec Anna nous avons dîné chez Edouardo Rothe et quelques amis à lui. La discussion a inévitablement tourné autour des sujets politiques essentiels du pays : la bureaucratie et la qualification du processus bolivarien : réforme ou révolution ? J’ai discuté avec Edouardo d’une éventuelle installation ici. Il m’a proposé une entrevue lundi matin avec le viceministre de l’enseignement supérieur. La proposition est de revenir ici pour construire le service communication de l’Université bolivarienne de Caracas, qui est l’université alternative à l’université classique où seule la bourgeoisie accède. Reste à définir toutes les modalités pratiques : mon arrivée, la durée du contrat, le montant du salaire… Tout cela paraît bien fragile.

Autre problème, malgré une discussion téléphonique avec le BP à Paris, mon intervention à l’université d’été de la LCR est prévue jeudi alors qu’elle devait avoir lieu vendredi. Je risque de ne pas être rentré en France à temps.

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24 août 2005

Paris, Aéroport Charles de Gaulle.

La rencontre avec le ministre de l’enseignement supérieur a été annulée, mais j’ai réussi à l’avoir au téléphone. Nous restons en contact, il étudie la question et m’envoi un mail.

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Les adieux avec les gens du barrio ont été déchirants. Beaucoup de pleurs, notamment de Ayari et de Yaraneth. Cette dernière m’a accompagné jusqu’à la station de bus. Sa tristesse m’a touché. Le retour à Toulouse va être difficile. Je rentre avec plein de souvenirs et d’émotions. Avec de nouveaux amis aussi. Des frères. Je pense à Francisco, le fils d’El Gordo, à Ricardo aussi, le camarade chilien. Je me souviendrai longtemps de Cejin le coréen qui filmait tout sans interruption, ou de Laya la farouche indépendantiste catalane. J’ai une pensée particulière pour Serge et Baptiste qui ne partent que dans quinze jours, mais aussi pour Abel et Maria Ona. Je pense à nos fou rires incessants, à cette complicité naissante. Je pense aussi à El Gordo et à sa femme Alicia, à Marcelo et Katarina, à Ayari et Alfredo,  Sudaly, Mara, Neudy… A Maikol et ses poèmes, à la timide Yaraneth, à Tchitchi, Gilberto, Atahualpa et Bebe. Et puis, et puis, et puis… j’ai évidemment une pensée particulière pour Nataly.

Je rentre plus riche et profondément changé. Je le sens au plus profond de moi. J’ai envie de repartir au plus vite ! Mais ça, c’est une autre histoire…

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Les photos de ce blog n'ont pas toutes été prises par moi. Un grand merci donc à Francisco et Serge pour le prêt de leurs photos... Gracias hermanos !

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